La forêt d’Ecouves

Extrait du livre « Errances en forêts normandes » page 114

Les tapis spongieux des sphaignes de la tourbière délivrent lentement leur précieux liquide, en petits rus qui désaltèrent le bétail broutant dans les prairies situées en contrebas. L’allée continue entre clairières et bosquets. L’eau rigole doucement, puis de plus en plus fort. Des frayères d’eau très pure arrivent et grossissent le ruisseau bordé d’angéliques sauvages. Une libellule, gainée de bleue, effleure la surface de l’eau. Arrivée au hameau du Blanc Perret, un coq sonne l’alarme mais personne ne semble là pour y prendre garde. Seuls, quelques chevaux dans leur box battent du pied : ils tendent le cou pour voir passer l’intruse et aspirer l’air avec bruit. Une prairie, haute d’herbes folles, leur fait face ; je m’y installe pour tirer ma gourde du sac et grappiller les quelques mûres noires qui accompagnent mon pain bis. La baguette du Perche est riche de saveurs; elle est produite avec des farines locales, façonnées manuellement. Je ne suis pas seule dans ce vert pacage ; la personne qui se relève était cachée par les herbes…